Personne n’aurait pu dire d’où venait Mondo. Il était arrivé un jour, par hasard, dans notre ville, sans qu’on s’en aperçoive, et puis on s’était habitué à lui. C’était un garçon d’une dizaine d’années, avec un visage tout rond et tranquille, et de beaux yeux noirs un peu obliques. Mais c’était surtout ses cheveux que l'on remarquait, des cheveux brun cendré qui changeaient de couleur selon la lumière et qui paraissaient presque gris à la tombée de la nuit. Quand il arrivait vers vous, il vous regardait bien en face, il souriait, et ses yeux étroits devenaient deux fentes brillantes. C'était sa façon de saluer.