Pour la centième fois au moins, Bourru démêle ses pattes quand une senteur âcre vient le tirer de sa charmante occupation et le conduire, par le bout du nez, droit à une fourmilière : une fourmilière énorme, un vrai rêve d'ours. Bourru contemple avec curiosité le va-et-vient vertigineux des insectes. Ses yeux brillent de scélératesse. Il lèche longuement sa patte jusqu'au coude et, quand elle est toute gluante de salive, il l'enfonce au beau milieu de la fourmilière. Dévastation ! La cité des fourmis : rues, maisons, pouponnières, tout est détruit en un instant. Et Bourru ramène sa grosse patte chargée d'une multitude de fourmis rouges et d'œufs minuscules qu'il enfourne en quatre coups de langue.