La rencontre
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On était au début du printemps. Ce jour-là, comme d'habitude, j'avais poussé le portillon de mon jardin pour aller respirer l'air des pins. Des coups de brise poussaient dans le ciel bleu des nuages très blancs. D'abord, dans les fougères sèches, un bruissement furtif et rapide. Je m'arrête net, songeant à une vipère : c'est la saison où elles se réveillent et se montrent tout de suite agressives. Non, j'ai beau regarder : pas de vipère… De nouveau, les fougères tressaillent. Je te vois, toi, mon gaillard ! Il est peut-être à deux ou trois mètres, campé en chien sur son derrière, sa queue touffue dressée sur sa tête. C'est un écureuil de l'année, un petit garçon-écureuil, espiègle, malin et gentil.