C'était une de ces après-midi de mars, qui, parce que les jours sont plus longs, l'air plus doux, sentent je ne sais quoi de la saison nouvelle. De petites araignées courent sur la terre jaune entre les pousses de seigle. Un soleil clair réjouit les os et le saule chatonne dans la haie où le verdier, la mésange, la fauvette mènent leur guilleri. Ces premiers chants si forts et si purs, les monts bleus comme des fleurs, le vent et la lumière qui passent ensemble en poussant quelques caravanes de nuages, tout apporte une promesse de liberté. Les deux petites revenaient, chantant la chanson des mariniers et de la fille du prince. Le chien trottait, sautait, virait autour d'elles, faisait dix fois le chemin. Elles aimaient cet air qui traîne par la campagne. Des idées leur venaient, elles ne savaient d'où, qui leur enchantaient la tête.