La petite sœur était un personnage plaisant, mais qui tenait, à mon avis, beaucoup plus de place que n'en méritait son faible volume. Elle criait quand on la coiffait, repoussait avec rage la bonne soupe, puis la réclamait en sanglotant, et soudain éclatait de rire. Elle prétendait se mêler à nos jeux mais fondait en larmes lorsque Paul, pour la distraire, montait sur la table, et faisait plonger sa poupée dans la lessiveuse, ou quand, pour jouer aux cachettes, on l'enfermait à clef dans un placard. Un jour même, pour plaisanter, je lui criai à travers la porte que nous avions perdu la clef, et Paul ajouta, consolant, que le serrurier viendrait la délivrer le lendemain. Elle poussa des cris si déchirants que j'ouvris aussitôt la porte.