Texte
Je ne voulais pas y aller. En tout cas pas le premier jour. Je me sentais minuscule, incapable de trouver ma place au milieu de tous ces chiffres que les médias égrenaient : quatorze accusés présents, mille-huit-cents parties civiles, trois-cent-trente avocats, cent-quarante médias accrédités, cinq-cent-quarante-deux tomes de dossiers. J'avais peur, peur de la cohue, peur des journalistes, peur de ma peur. Je prévoyais de faire ce que je fais dans ce cas, un refus d'obstacle : si je n'y vais pas, ça n'existe pas. Mais, comme bien d'autres fois, ça ne s'est pas passé tel que je l'avais imaginé. Nous sommes le huit septembre deux-mille-vingt-et-un. Aujourd'hui s'ouvre à Paris, le procès des attentats du onze novembre deux-mille-quinze, attentats qui ont coûté la vie à cent-trente personnes dont l'homme que j'aimais, le père de mes deux enfants : Matthieu.
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Source : Les Pirates chinois : ma captivité dans les mers de Chine