Nous entrons dans la salle du festin, on nous donne la place d'honneur, c'est-à-dire on nous offre des sièges près du poêle, on nous complimente ; mais pour le dîner, il n'en était pas question, et c'est en vain que nous cherchions des yeux une apparence des préparatifs ; enfin, à force de regarder, nous finîmes par découvrir dans l'embrasure d'une fenêtre une toute petite table, et sur cette table trois assiettes : sur l'une était une pomme gelée, ratatinée, coupée en tranches saupoudrées de sucre ; sur l'autre, un peu de raisin sec, et sur la troisième, quelques graines noires dont je n'ai jamais pu deviner l'origine. L'hôtesse, de l'air le plus aimable, nous engagea à manger ; à manger quoi ? Ce repas d'anachorète, c'était vraiment une mauvaise plaisanterie.