Au contraire des innombrables admirateurs de Napoléon, j'ai l'audace de penser que pour un génie aussi grand que celui pour lequel on le tient, il est par trop sûr de sa chance et de ses facultés, trop crédule, trop imprudent, trop mal informé. Une fortune aveugle, un concours de circonstances, une noblesse opprimée et un peuple séduit ont pu l'aider à monter sur le trône ; mais quant à s'y maintenir, quant à l'occuper dignement, cela lui sera plus difficile. Sous l'hermine impériale, on verra bientôt se trahir le lieutenant d'artillerie auquel une fortune inouïe a fait perdre l'esprit.