Nous refusâmes en demandant qu'on voulût bien nous donner un repas modeste, mais plus confortable. Notre demande parut extravagante, et on nous fit observer qu'au temps de Pâques, on avait la coutume, en Russie, de s'abstenir des pâtisseries, de la viande froide, en un mot de tous les mets trop friands, trop savoureux ou trop substantiels ! Après cette leçon assez vertement donnée, je dis à l'hôtesse que nous nous conformerions à l'usage établi, mais au moins qu'elle nous fît servir une soupe aux betteraves et un morceau de bœuf bouilli. Comme on nous trouvait indignes de participer aux fêtes russes, on nous laissa sans difficulté monter à notre appartement, et ce fut là qu'on nous apporta notre très modeste dîner.