Cette fois cela n'était plus une affaire de chemin noir à démêler sur une carte : il suffisait de suivre la ligne littorale et de tenir l'équilibre entre le ressac et le silence. Avançant vers Granville je regardais mille fois la flèche. Jamais ne me lassa la vision de cette banderille fichée dans l'inconstant. Les dunes s'effondraient, les oiseaux s'énervaient, les houx craquaient leurs flammes éteintes. Des maisons se distribuaient sur les pentes, pleines de secrets de famille. Le chemin sinuait dans les genêts, s'avançait gravement au bord des falaises, regagnait le revers des dunes, en crevait la crête, s'effaçait sur les plages.