Pour chasser le sommeil qui me gagne, je descends de cheval et vais à pied ; mais je suis tant à bout de forces que j'ai hâte d'être à cheval à nouveau et me hisse péniblement sur ma selle. La soif me brûle les entrailles ; il n'y a de l'eau nulle part, excepté dans les fossés qui bordent la route ; j'ai encore une fois mis pied à terre et, avec la plus grande peine du monde, j'ai réussi à puiser tout au fond du fossé un peu d'une eau fétide, tiède et verdâtre ; j'en ai rempli une bouteille et, une fois remontée en selle avec ce trésor, je l'ai transportée encore pendant cinq verstes, tenant la bouteille devant moi sans trouver le courage ni de boire ni de jeter cette horreur.