Trois jours encore et nous devions toucher la terre ; nous nous félicitions déjà d'être au terme de notre voyage, lorsqu'un ouragan des plus effroyables vint fondre sur nous. Le tonnerre gronda dans l'immensité avec accompagnement d'éclairs ; des nuages noirs, énormes, roulaient dans le ciel avec furie ; ils étaient en couches si épaisses au-dessus de nos têtes, qu'ils assombrissaient l'atmosphère dans toute son étendue. Au loin, partout se montraient à nos yeux des trombes à l'aspect gigantesque ; si nous étions touchés par l'une d'elles, nous coulions infailliblement : le capitaine, vieux loup de mer, jetait souvent les yeux sur son baromètre, et chaque fois il n'avait rien de rassurant ; nous subissions, disait-il, la queue d'un typhon.