Les premiers jours du mois d'avril sont encore une dépendance du carême, et les gourmets, qui commencent à être un peu las des poissons d'avril, voient arriver avec une véritable jubilation le jour pascal. C'est alors que triomphent à la fois le jambon, le bœuf, le mouton et l'agneau ; ce dernier personnage, un peu fade, a usurpé, plutôt que conquis, une place très distinguée parmi les rôtis ; le véritable gourmet ne le mange que par égards : la blancheur de sa chair, sa douceur et sa tendreté délicate font à peine trouver grâce à son insipidité. Le jambon se présente avec une grande assurance : qu'il soit natif de Bayonne, de Najac ou du pays, il se distingue par les mêmes qualités solides.