Le mois de février est le véritable temps critique des estomacs ; jamais ils n'ont de plus rudes combats à soutenir, un plus grand nombre d'indigestions à affronter : l'abstinence bat en retraite. Alors, comme Charles XII, un cuisinier habile doit rester tout le mois l'uniforme sur le corps et les armes à la main. Les convives s'en donnent à cœur joie ; ils ont devant eux le médecin et le carême, effrayante perspective contre le trop de plénitude. Comme la religion, la morale et la politique sont d'accord pour favoriser la gourmandise ! Février est un mois riche, abondant, pluvieux ; la bonne chère profite de ces avantages ; de même qu'en janvier le bœuf est gras, le veau et le mouton sont succulents ; le gibier et la truffe, quoique plus rares, n'ont rien perdu de leurs parfums.