Dans l'été, le gourmet pâtit. Ce sont de bonnes choses que les légumes et les fruits, mais seulement comme petites pièces après une substantielle tragédie où le sang a coulé. C'est en juillet surtout que l'on apprécie l'importance des découvertes culinaires. La viande de boucherie, sans les ressources de la science, aurait bien peu d'appâts ; mais, bien préparée par un habile cuisinier ou cuisinière, elle plaît encore, comme ces coquettes fardées dont l'éclat des bougies dissimule l'artifice. Le veau a déjà acquis en juillet un certain mérite et peut, quoique bien jeune encore, risquer son entrée dans le monde. Quelques gourmands, malgré la parcimonie du mois de juillet à qui l'on devrait garder rancune, attendent son retour avec impatience.