Texte
C'est un beau matin blond, léger et presque chaud. Une foule empressée afflue au cimetière les bras chargés de pots, le cœur en bandoulière. Une brise éphémère effleure les sureaux. C'est un tendre matin, un vestige d'été sur l'immense jardin rutilant des couleurs d'un grand feu d'artifice. Et la pierre émoussée par les larmes, le temps, est couverte de fleurs. Les chrysanthèmes d'or qu'on apporte aux défunts, s'ils sont tout bigarrés, n'ont presque pas d'odeur. Les morts ne souffrent pas d'un abus de parfums au creux du cimetière, leur ultime demeure. Ils sont partis ailleurs et n'ont aucune envie d'être encor parmi nous où tout s'enfuit et lasse. Mais le grand jardin roux flambe sous le soleil comme un vaste bouquet en ce très bel automne. C'est l'heure de la messe et une cloche sonne.
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