Si l'habit ne fait pas le moine, le casque, à coup sûr fait le motard. Pour chevaucher ces destriers et palefrois mécaniques que sont les motos, la loi exige que l'on protège sa tête. De cette obligation est née l'esthétique du casque. Le plastique remplace la tôle et le cuir bouilli. Le heaume, la capeline, la bourguignotte qui, entre les quinzième et dix-huitième siècles, furent les couvre-chefs favoris des gens qui risquaient de recevoir des coups sur la tête, ont inspiré les fabricants. Un carrossier italien va concevoir un casque complètement clos, en forme d'œuf, qui protégera, comme son modèle du Moyen Âge, la tête, la nuque et le menton. Les conversations étant limitées, trois fentes à hauteur de la bouche permettront de discuter sans être obligé de se découvrir devant un brigadier, ce qui, tous les chevaliers le savent, porte atteinte à la dignité de l'homme.