Bénédicte noua le dernier point de suture, coupa le fil d'une main experte, puis porta elle-même le caniche en salle de réveil. C'était un nom plutôt pompeux pour désigner une pièce carrelée qui comportait quatre boxes et une grande armoire métallique. Mais les clients appréciaient beaucoup que l'on traite leurs animaux comme de véritables malades, aussi les trois vétérinaires du cabinet n'hésitaient jamais à utiliser un jargon hospitalier. Agenouillée près du chien, Bénédicte prit quand même le temps de vérifier son rythme cardiaque. Tout était normal et elle ne s'attarda pas plus longtemps, sachant qu'il restait encore une demi-douzaine de personnes dans la salle d'attente.