En Amérique, comme partout ailleurs, les Français ont une réputation de fins gourmets et de cuisiniers éminents. J'étais donc, lorsque je me livrais à mes travaux culinaires, entourée de spectatrices curieuses d'assister à mes préparations, et je n'oublierai jamais leur étonnement lorsque je fis le pot-au-feu. Ce mélange d'eau, de viande et de légumes leur paraissait tout à fait étrange, et leur surprise fut au comble quand, à l'aide d'un morceau de sucre et d'une cuiller, je confectionnai le caramel destiné à colorer mon bouillon. Les émanations de mon pot-au-feu impressionnaient agréablement l'odorat de ces dames, et lorsque mon bouillon fut à point, je leur en offris à toutes. Il y eut unanimité pour le déclarer exquis.