Les premières xénogreffes furent instaurées vers le milieu du dix-neuvième siècle. Dès lors, l'homme malade devenait comme une voiture dont il suffisait de changer les pièces défectueuses. Du coup, la mort prit figure de simple accident mécanique. S'il y avait décès, c'était faute de pièces de rechange adéquates. Des chercheurs conçurent des cœurs de cochon dotés des caractères génétiques correspondant aux réceptacles humains où ils seraient implantés. Les techniques permettant de supporter des organes étrangers étaient sans cesse améliorées. Tout était remplaçable, sauf le cerveau. Et encore ! Il devint logique de penser qu'un jour, on parviendrait à venir à bout de toutes les pannes, y compris de la panne suprême : la mort. Ce n'était qu'une question de technologie. Simultanément, la durée de vie s'allongea. Avoir les apparences de la vieillesse était synonyme de négligence. À chacun de bien entretenir sa mécanique biologique.