Parmi les trésors qui l'absorbaient le plus était la bibliothèque que l'ancêtre Ch'ien-Lung lui-même avait fait constituer avec les œuvres littéraires produites depuis quatre-mille ans. Tseu-hi n'avait encore jamais vu ces manuscrits précieux, car ceux de la Ville interdite étaient enfermés dans le palais de la Gloire littéraire, et on ne les sortait qu'une fois par an, à la fête des Classiques, lorsque les plus savants entre tous les savants devaient lire et commenter des passages pour l'empereur. En effet, depuis que le premier empereur, mille-huit-cents ans auparavant, avait brûlé les manuscrits et enterré vivants les lettrés pour anéantir la culture ancienne et régner sans égal, la tâche des érudits consistait à sauvegarder le patrimoine littéraire en enseignant le respect qui lui était dû aussi bien par l'empereur que par tous ses sujets.