Qu'elles sont charmantes, ces têtes de naïades, à la chevelure couronnée de feuilles et de fleurs, que les artistes hellènes ont burinées sur leurs médailles, ces statues de nymphes qu'ils ont élevées sous les colonnades de leurs temples ! Combien sont aimables ces images légères et vaporeuses que Goujon a su néanmoins fixer pour les siècles dans le marbre de ses fontaines ! Qu'elle aussi est gracieuse à voir, cette source que le vieil Ingres a saisie et qu'il a presque sculptée de son pinceau ! Rien, semble-t-il, n'est plus fugitif, plus indécis que l'eau jaillissante entrevue sous les joncs ; on se demande comment une main humaine peut s'enhardir à figurer la source avec des traits précis dans le marbre ou sur la toile ; mais, statuaire ou peintre, l'artiste n'a qu'à regarder cette eau transparente…