Jusque dans les années mille-neuf-cent-cinquante en Aveyron, département exportateur de fruits, en particulier de pommes, la haie avait une triple utilité, en plus de sa fonction initiale de limite de prés et de clôture pour le bétail. Formée principalement d'aubépines et d'épines noires, elle devait fournir le bois de chauffage des fours à pain, produire les fruits consommés par la famille et procurer des revenus par la commercialisation des fruits les plus recherchés. La haie prenait une importance telle qu'il n'était pas rare de rencontrer deux haies contiguës pour séparer deux prés, chaque propriétaire se réservant le bénéfice de la totalité des produits de sa haie et non plus simplement de la moitié, comme c'est le cas pour les haies mitoyennes.