L'Océan. Sa première rencontre avec l'immensité marine lui chavire tous les sens. Il y a un trio vocal : l'eau, le vent, les oiseaux. L'eau massive, convulsée, vert violâtre huileux ; son bruit brutal et mou comme un afflux de sang aux tempes. Le vent feulant, fouaillant cette masse visqueuse, en écharpant la peau qui se couvre d'écume ; son odeur violente qui se fait intime à l'instant même où elle la découvre. Les goélands et les mouettes louvoyant autour du port, leurs cris aigres. Comme un écho lointain monté de la volière pleine de voix esseulées qui venaient errer jusque dans sa chambre. Ces oiseaux de mer sont en liberté, eux, pourtant, pourquoi alors ce goût de fer, ce gris de limaille, ces sons grinçants, perçants, dans leurs voix ?