L'île Tromelin
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Malgré tout, l'île tient toujours. Quand elle lâche à la mer des morceaux de son vieux et blanc caparaçon, ce ne sont que des blocs informes, que les vagues mettent des décennies à disloquer. Et elles doivent continuer à les rouler pendant des années avant de pouvoir les vomir sur le rivage. Ils y émergent sous la forme de galets énormes, d'une blancheur stupéfiante, lisses comme s'ils sortaient d'une machine à polir, et vont s'empiler toujours au même endroit, à l'est et au sud de l'île, sur une longue grève revêche qui prend parfois l'aspect d'une muraille dressée contre la mer. Dans les interstices de cette étrange maçonnerie naturelle se logent des milliers de coquilles usées, porcelaines, bénitiers, bigorneaux, débris de nacre.