Léger comme un elfe, un petit écureuil vole au-dessus de nous de branche en branche. Sa queue rousse s'éparpille en fumée, son ventre floconneux ondule au vent de son élan. Il est plus dodu, plus capitonné, plus riche qu'un angora et se penche pour me voir, les bras écartés, ses mains onglées cramponnées humainement. Ses beaux yeux noirs palpitent d'une effronterie craintive et je souhaite très fort le saisir, palper son corps minuscule sous la toison fondante, si douce à imaginer que j'en serre un peu les mâchoires… Tout d'un coup, c'est presque la nuit… À cause du sol blanc, on ne prend pas garde que la nuit peut venir, et on y pense quand elle est là.