Le paysage enchanté
Type :Texte
C'était la vallée de la Seine qui s'étalait sous leurs yeux, un peu la vue qu'on leur avait montrée des mansardes de la maisonnette, mais qu'ici on pouvait suivre librement, le regard bercé par les moelleuses sinuosités du fleuve. À droite, les pentes de la forêt de la Londe et de Rouvray descendaient à des prairies larges, étalées, d'un vert métallique, frais en ce jour d'octobre comme un champ printanier ; puis, par-delà la rivière, devant les yeux, résineuse, profonde, la forêt de Roumare montait en éventail dans un mouvement régulier, lent, majestueux, pour arrondir ses cimes sur le fond d'un ciel pâli. Dans ce paysage enchanté, tout parlait de vie puissante, de richesse prodiguée, de grandeur féconde.