Texte
Lentement, elles se dirigent vers le poulailler. Sur le perchoir lustré par le frottement des pattes, chacune trouve enfin place. Il en est de maniaques qui tiennent à leur coin ; d'autres, changeantes, qui essaient vainement toutes les traverses, et des sages qui sont à leur aise n'importe où. Les têtes se cachent sous le couvert des ailes… C'est le sommeil. Un sommeil encore tout vivant de rêves, semé de graines, riche de crottin fumant, un sommeil où parfois un moineau vient dérober une larve déterrée avec peine. L'équilibre est précaire ; il suffit d'un mouvement du corps pour le rompre. Alors ce sont des battements d'ailes, un cri, auquel d'autres cris plus faibles répondent.