La vie d'un homme est semblable à une route : elle va, selon le terrain, l'heure ou la saison, tour à tour ensoleillée ou sombre, rapide et joyeuse à la descente, ou lente et pénible et comme essoufflée à la montée, ou chantante et rêveuse, cheminant par la plaine ; ici, elle est bordée d'aubépines et là, elle s'amuse en circuits, enlacée comme un ruban, aux flancs des coteaux ; ailleurs, elle est si poussiéreuse que les nuages soulevés par les pas empêchent de voir l'horizon et plus loin, elle semble rebelle, tant les pavés qui la recouvrent sont inégaux et cahotants. N'importe ! Il faut la parcourir toute, il faut la voir de son point de départ à son point d'arrivée comme une seule ligne, pour savoir, en conscience et vraiment, si elle est bonne ou mauvaise…