La rue Keller, Paris 11ème, métro Bastille, est la rue de mon enfance, celle qui m'a vue naître. Y a-t-il un général Keller ? Il faudra que je cherche dans l'annuaire. Je la connais par cœur ma rue, chaque porte, chaque commerce, le petit passage sombre qui donne sur la rue des Taillandiers, mon école et sa cour de récréation. L'odeur du pain chaud de la boulangerie de Madame Bonnet, son mari sur le pas de la porte couvert de farine. Le père Fizz, le bougnat d'en face, sacs de charbon sur le dos. L'un tout noir, l'autre tout blanc. Madame Bergougnoux, la marchande de bonbons en face de l'école et ses bocaux multicolores, les globaux gagnants, les Mistral gagnants aussi, les roudoudous, les caramels vendus à l'unité…