Oubliant ses blessures et puisant une nouvelle dose de courage dans la tâche que la Providence le chargeait de remplir, Berchtold prit une couverture, en entortilla le pauvre petit le mieux qu'il put et reprit péniblement sa route en se dirigeant à l'opposé du champ de bataille. Il fut rencontré par un parti de cavalerie française, qui, reconnaissant son uniforme, voulait le faire prisonnier ; mais l'officier qui commandait le détachement eut pitié de lui et de l'enfant qu'il portait, et ordonna qu'on laissât passer tranquillement celui qui, au milieu des horreurs de la guerre, blessé grièvement, exposait sa vie ou sa liberté pour conserver les jours d'une créature de Dieu. Berchtold remercia affectueusement le Français et continua sa route.