Je m'arrête dans un square ombragé par une vingtaine de tilleuls, parsemé de bancs et occupé par des vieux Géorgiens qui s'y regroupent par deux ou trois, souvent assis, parfois debout. Certains vont et viennent, tournent dans les allées à pas de sénateur, rejoignent une des bandes qui se forment et se déforment selon les heures, les humeurs, les accointances. Sont-ce des amis de longue date ? Des copains de square ? Certains ont la connivence cimentée, comme les spécimens devant moi : l'un pose sa main sur la cuisse de l'autre. Certains arborent des signes extérieurs d'aisance : chemises blanches sur mesure, souliers vernis, montres. D'autres n'ont que chemisette et gilet, chaussures élimées et barbe râpeuse.