Alors elle me fabriqua un hameçon avec une épingle à attacher, du fil à coudre qu'elle noua à une gaule de bambou, ajouta une rondelle de canne sèche sur le fil, et j'appris à pêcher la crevette à la ligne. C'était merveilleux. L'attention haletante avec laquelle je surveillais la ligne, l'émotion aiguë lancée au cœur par le plus insensible mouvement du flotteur. Et puis, la vibration de la crevette au bout de la ligne, au bout de mon bras ! L'effort enivrant pour l'extirper de l'eau ! J'en prenais jusqu'à dix, douze, par jour, et m'man Tine disait que je pourrais en prendre davantage avec plus de patience et d'adresse.