Texte
Il est monté dans le bus. Nous nous sommes assis à la fenêtre, de chaque côté du couloir. La lumière avait baissé. Kerrand se reflétait dans la vitre, son paquet sur les genoux. Il avait fermé les yeux. Le nez se détachait comme une équerre. Des lèvres étroites naissait un delta de lignes qui deviendraient des rides. Il s'était rasé. En remontant à ses yeux, j'ai réalisé que lui aussi me regardait dans le reflet de sa vitre. Du même regard qu'à son arrivée à la pension, cet air avenant mêlé d'ennui. J'ai baissé la tête. Le haut-parleur a annoncé notre station. Avant de prendre la ruelle de l'annexe, Kerrand m'a effleuré l'épaule.