C'est la première fois que Myriam prend un train. Elle colle son visage contre la vitre, pendant des heures, le nez et les joues écrasés, elle ne se lasse pas du spectacle, il lui semble que le train invente pour elle des paysages, au fur et à mesure qu'il avance, elle compose des histoires dans sa tête. Elle trouve les gares des villes impressionnantes. À Budapest, elle croit que le train entre dans une cathédrale. Les gares de campagne, au contraire, lui apparaissent comme des maisons de poupées, avec leurs briques rouges ou leurs volets de bois peints dans des couleurs vives. Un matin, au réveil, les forêts de hêtres ont été remplacées par une voie creusée dans la roche, si proche qu'elle menace de s'abattre sur eux.