Pourtant, ce riche décor citadin me désolait de mélancolie. Tout n'était que pierre écrasante à mon cœur oppressé. Les murs du secret Tattersall, qui abritait mystérieusement un luxueux marché de chevaux, faisaient un lointain vis-à-vis à notre demeure. Le Tattersall, paysage circonspect et pierreux de mon enfance, est aujourd'hui disparu. Je lui savais gré de n'avoir qu'une médiocre hauteur qui ne me privait pas de la vue du ciel. Chaque matin, à l'heure où le branle-bas de la voiture du laitier pénétrait dans notre sommeil enfantin et le dérangeait, la poésie des cloches émanait d'une invisible église enfouie dans la grisaille des constructions et me consolait du lever du jour.