À cent mètres de la gare une grande et profonde tranchée barre la route. La voiture ne peut aller plus loin. Des feux du bivouac sont tout près de nous, il fait presque nuit. Les silhouettes éclairées des soldats se détachent sur l'horizon du ciel rouge d'un merveilleux soleil couchant. Je ne sais quel parti prendre pour transporter les malles à la gare. Le cocher dépose les bagages ; faire plus n'est pas dans le programme. Je grimpe le talus qui borde la route ; là, je me trouve dans le camp du bivouac, je m'approche d'un feu. Les hommes accueillent mes bébés, leur font chauffer à la flamme leurs menottes roses, la soirée est froide, une belle soirée d'automne.