Shirley est parfaitement bien. Elle n'a perdu ni l'air pensif de sa physionomie ni son nonchalant sourire. Elle égaye le vieux et sombre manoir par sa présence. La galerie et les chambres qui y aboutissent ont souvent retenti des joyeux échos de sa voix. Elle a accoutumé au frôlement de sa robe de soie le corridor sombre à une seule fenêtre, qu'elle traverse à chaque instant d'une chambre à l'autre, tantôt portant des fleurs dans le barbare salon fleur de pêcher, tantôt entrant dans la salle à manger pour en ouvrir les fenêtres afin d'y laisser pénétrer les senteurs de la mignonnette et de l'églantier, d'autres fois portant au soleil, à la porte du porche, les plantes qui étaient sur la fenêtre de l'escalier.