La ligne du régiment, fragmentée par le relief du terrain, avançait calmement à travers champs et bois. L’adolescent regardait les hommes les plus proches de lui, et vit, chez la plupart, des expressions profondément intéressées : comme si quelque chose accaparait toute leur attention. Quelques-uns marchaient avec des airs de bravoure exagérés, comme s’ils étaient déjà plongés dans la guerre. D’autres semblaient marcher sur des œufs. Et la plupart de ces hommes, qui n’avaient pas encore connu l’épreuve du feu, avaient l’air tranquille et absorbé. Ils allaient voir la guerre de près… La guerre : la créature rouge, le dieu buveur de sang. Oui ils avaient l’air profondément absorbé durant la marche.