Les grands chagrins, avant même d'être réalisés, exercent déjà sur nous leur influence. Il pleut, mon cœur s'obscurcit peu à peu, il n'y reste plus de joie ; heure après heure, je me sens envahir par les ténèbres d'une sombre nuit. Tout à coup, on m'annonce la triste nouvelle de la mort de Mademoiselle Zenger, l'ange de Sivas. Je tremble, mon être entier est sous un lourd fardeau. J'essaie de mesurer la grandeur de cette perte, et je m'en sens incapable. Je suis en face de mon premier vrai chagrin, du premier coup donné à mon cœur. Comme se seraient cassées les cordes d'un violon, mon cœur est brisé ! Les caractères de cette grande personnalité me deviennent de plus en plus clairs.