Norton, intelligent et rusé, fit rapidement fortune dans l'immobilier et l'importation. Mais, quelques années plus tard, il fut ruiné dans une malheureuse affaire de céréales : ce désastre financier lui fit perdre la raison. C'est alors qu'une obsession prit corps dans son esprit malade : il décida qu'il était Norton Ier, empereur des États-Unis. Les citoyens de San Francisco furent amusés par ce petit homme ridicule qui s'était arrogé les titres ronflants d'empereur des États-Unis et de protecteur du Mexique. Bientôt, ce fut une plaisanterie courante que de lui envoyer des télégrammes signés de chefs d'État, et de publier des proclamations fantaisistes portant son nom. Il était entré de plain-pied dans le panthéon des farfelus qui, à leur manière, contribuèrent à forger la formidable légende de l'Ouest.