Henri se retira dans la chambre qu'il avait toujours occupée, toute petite et d'une décoration enfantine, dont le papier imitant la toile de Jouy représentait un traîneau où se prélassait une élégante frileuse emportée par deux patineurs. Henri retrouva ses crayonnements d'enfant, un canard, un petit chien, du plus désastreux effet. Tout d'abord cette petite pièce lui sembla surannée, mais lorsque son valet de chambre empressé eut étalé l'habit de soirée sur le lit, défait les objets élégants qui servaient à la toilette du jeune homme, il se sentit un peu reconquis par les souvenirs qui s'attachent aux meubles, par l'intimité douce de ces objets familiers, et se mettant à sa toilette, il songea à s'ennuyer le moins possible, le soir même.