Le désert
Texte
Je songeais à la faiblesse de l'homme en présence des dangers auxquels il est exposé dans ces vastes solitudes, et une sombre terreur s'empara de moi ; la tempête du désert, me disais-je, est plus redoutable que celle de l'Océan. La soif, la faim menacent continuellement l'homme au milieu de ces sables ; s'il s'égare, ou s'arrête, il périt. L'espérance ne peut naître en lui, partout entouré d'une nature morte ; une immensité, que ses efforts ne peuvent franchir, le sépare de ses semblables, et cet être, si orgueilleux, reconnaît, dans les angoisses, qu'il ne peut rien où Dieu n'a pas pourvu pour lui. J'invoquais donc Dieu avec ferveur pour qu'il me vînt en aide.