Qui d'entre nous a vraiment parcouru les canaux de la France ? Sans parler de les situer sur une carte ou de définir les personnalités de chacun. Pourtant, quel cadre plus poétique que ces fils de l'eau perdus sous les frondaisons de verdure ou à ciel ouvert. Y naviguer c'est changer de temps dans un décalage horaire bien particulier. L'éloge de la lenteur auquel se livrent les écrivains nous rappelle que s'y promener, c'est redécouvrir une France fluviale. Des gens formidables ni terriens, ni maritimes : les passeurs des écluses, les mariniers, les familles embarquées dans des intérieurs de poupées pour une vie au long cours. Même si travailler à bord des péniches n'est pas de tout repos, et que les hivers y sont rudes, ce peuple de l'eau continue de nous faire rêver. Pour preuve, les milliers de Français qui, à la belle saison, embarquent sur ces maisons flottantes, à contre-courant de l'asphalte et du bruit, au grand air et libres.