Texte
Tout dans la Camargue montre l'action puissante de la nature en travail. Les dépôts de la mer et ceux des fleuves y sont sans cesse mêlés et confondus. Pendant l'hiver, les étangs, grossis par les pluies, inondent la plaine et vont se rejoindre à la mer ; pendant l'été, des flaques d'eaux stagnantes infectent le pays de miasmes délétères. Pierres et cailloux sont inconnus sur cette terre plate et grise. Les plus petites fleurs ont un cachet bizarre qui les distingue des fleurs de même espèce venues en d'autres pays. Le feuillage des marguerites, des camomilles, des asters, si léger d'ordinaire et si frêle, devient lourd et glauque dans le sable limoneux et salin de la Camargue.