Texte
Le poisson abonde dans les parages de cette partie de l’île. L’anguille et l’esturgeon, surtout, vers les approches de l’automne, se rendent en phalanges serrées sur les longues battures de vase de Sainte-Famille et sur les fonds sablonneux qui forment l’estuaire du fleuve vis-à-vis Saint-François. Il y a là des pêches miraculeuses à faire pour ceux qui se lèvent tôt et se couchent tard, c’est-à-dire pour les vaillants qui ne reculent pas devant la tâche de faire une fois le jour et une fois la nuit la visite de leurs lignes, à dix ou quinze arpents de chez eux. Bien peu, il nous faut l’avouer, résistent longtemps à ce surcroît de fatigue, et la plupart, après quelques jours de pêche, renoncent à la mer pour ne s’occuper que de la terre.