De nombreux sentiers rayonnaient autour du col. Ils en prirent un qui s’enfonçait dans la forêt. Alexandre faisait couler entre ses doigts la terre tantôt rougeâtre, tantôt blonde. Avec lui, elle redécouvrait, avec des yeux neufs, la nature et ses merveilles. Il lui faisait respirer le thym et le romarin ou encore la lavande sauvage ; admirer les hauts rochers découpés dans les coulées de lave, intercalés dans les conglomérats gris, roses et verts. Parfois, presque à leurs pieds, un lapin s’enfuyait. Des moutons, plus loin, escaladaient lentement le flanc des montagnes, surveillés par un berger taciturne ; au-dessus d’eux, des oiseaux de mer tournoyaient dans un ciel blanc à force d’être bleu et déchiraient l’air transparent de leurs cris.