Le petit commandant s'approchait de temps à autre d'un seau de cuir apporté par le premier peloton, où il puisait de l'eau dans le creux de ses mains, afin de se désaltérer et d'humecter son turban. Ainsi rafraîchi pour un moment, il reprenait son invariable va-et-vient à pas comptés sur le chemin poudreux qui conduisait au sommet, et sa longue épée battait régulièrement la tige lacée de sa botte de cuir. Il voulait ainsi donner à ses cavaliers l'exemple de l'endurance. Les seaux s'étaient trouvés bientôt vides, et des cavaliers des différents pelotons allaient à tour de rôle chercher de l'eau dans une gorge peu profonde creusée au pied de la colline, où, à l'ombre avare de maigres mûriers, un mince ruisseau boueux vivait languissamment ses derniers jours dans cette chaleur diabolique.