C'était un été de canicule, les nuits étouffantes se succédaient depuis presque trois semaines. Comme à mon habitude, je m'étais étendue dans le salon, sous le climatiseur en panne, espérant après un sommeil qui ne venait pas. En dépit de douches froides répétées, allongée le dos à même le sol, mon corps en nage ne se rafraîchissait pas. Vers cinq heures du matin, enfin, la température avait semblé décroître. Mais le répit ne durerait pas car trente minutes plus tard le soleil allait de nouveau se lever. Au moment où j'avais cru trouver le sommeil, ou plutôt au moment même où je m'étais sentie presque emportée par le sommeil, ce champ enneigé s'était jeté sous mes paupières closes.