Ceux qui étaient partis à la recherche de terres hospitalières poursuivirent leur périple, et cet ignoble marais devint un véritable repaire pour tout un ramassis de marins mutinés, de renégats, de débiteurs, et autres fuyards tentant d’échapper aux guerres, à l’impôt, ou à des lois qu’ils jugeaient iniques. Ceux qui ne moururent pas de malaria et que le marais n’engloutit pas engendrèrent une tribu d’hommes des bois de plusieurs races et de cultures variées, chacun capable d’abattre à lui seul une petite forêt à la hachette ou de pister le gibier sur plusieurs lieues. Pareils aux rats d’eau, ils avaient chacun son territoire, mais devaient néanmoins trouver leur place dans les limites de la forêt sous peine de disparaître un jour noyés dans le marécage.